+ in Paris

Le 16 décembre 2012

80 maliens errent depuis un mois dans les rues de Paris et de Montreuil. Venus de Libye  il fuient la persécution raciale dont ils sont victimes depuis la chute de Kadhafi. LaTéléLibre était le seul média présent avec eux jeudi dernier, alors qu’ils fuyaient cette fois la police française…

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Jeudi soir, 13 décembre, nous apprenons via les réseaux sociaux que 80 maliens errent dans les rues de Montreuil. Les appels à la solidarité circulent sur la toile et pour les journalistes que nous sommes, le terrain ça n’a pas de prix. Arrivées à 23h au métro Robespierre où  certains de ces maliens espèrent dormir, ma partenaire N’fanteh Minteh et moi-même sortons nos armes : micro et caméra. Nous espérons pouvoir comprendre ce qui leur arrive, mais très vite les évènements s’enchaînent, la police est annoncée, et les maliens déguerpissent. Nous les suivons dans leur périple.

Brigade anti-négrophobie

Nous rencontrons des militants associatifs qui les suivent et qui les aident. Parmi eux, des membres du collectif « brigade anti-négrophobie ». Un collectif fondé en octobre 2010, qui réunit toutes personnes qui luttent contre le racisme anti-noir. Car si les 80 maliens se retrouvent chez nous, c’est qu’ils ont fui la chasse anti-noir qui sévie en Libye  Les mercenaires recrutés par Kadhafi étaient des mercenaires africains et aujourd’hui les Libyens font l’amalgame entre travailleurs immigrés et hommes de mains Kadhafistes. Ces militants les orientent, alertent les pouvoirs publics et tentent d’organiser une mobilisation pour leur venir en aide.

Les maliens sont arrivés en France il y a quatre semaines, aujourd’hui, ils sont égarés dans les rues de Montreuil. Une ville qui leur est familière, car réputée pour être en population, la seconde capitale malienne après Bamako. Mais à 80, se loger est très compliqué. Ils se sont retrouvés quelques jours au foyer de la rue Bara à Montreuil, mais les gérants de l’endroit déjà surpeuplé, les ont rejetés.

Selon le DAL, il y a quinze jours une soixantaine d’entre eux ont tenté d’investir les locaux désaffectés et donc vacants de l’ancien consulat du Mali. Ils y sont restés une nuit avant de se faire déloger par la police puis conduits au commissariat. « Je suis surpris par la dureté du traitement, certain épuisés, dormaient dehors sous une pluie torrentiel » nous explique Jean Baptiste Eyrault président de l’association. Ils n’ont pas le bon réflexe de garder les papiers qu’on leur donne, mais l’Etat reste dans l’obligation d’accueillir des personnes en détresse selon l’article 345 du code de l’action sociale et des familles. Le DAL demande l’intervention du ministère du logement, de la mairie de Montreuil, et du préfet car aujourd’hui il n’y a toujours aucune solution d’hébergement.

Ayann Koudou
N’Fanteh Minteh

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