+ d’indignation

Tout a démarré à Madrid au printemps 2011. Depuis, rares sont les pays à ne pas avoir connu leur vague d’indignation : contre les inégalités sociales mais aussi, et de plus en plus, contre la confiscation de la démocratie. En Israël, le mouvement a été particulièrement imposant. Une surprise, car ce n’est pas là où on l’attendait le plus.

Dans la semaine du 12 au 15 mai 2012, les indignés d’Europe, des États-Unis et d’Amérique latine se sont « unis pour un changement global ». Célébré à travers le monde, cet événement a marqué l’anniversaire du premier campement madrilène, qui fit émerger un nouveau style de manifestants se disant « indignés ». L’occupation de la place de la Puerta del Sol, à Madrid, en mai 2011, s’est propagée comme une trainée de poudre. Une contagion qui rappelle celle de la révolution tunisienne en janvier de la même année, entraînant dans son sillage l’Égypte, la Libye, le Yémen, la Syrie

indignés2

Malgré une situation inchangée, et même aggravée depuis un an et demi (le taux de chômage est passé de 45 % à 53 % chez les jeunes Espagnols de moins de 25 ans), ce mouvement international pacifique tend à perdurer par delà les frontières. À chaque fois, c’est la jeunesse perdue d’une génération « no future » qui descend dans la rue. Presque toujours, les rassemblements d’indignés démarrent par des revendications sociales et économiques : l’accès au logement ou le refus des réductions de postes dans le secteur public. Mais le besoin de modifier le système d’une démocratie qui a atteint ses limites en se soumettant au capitalisme financier prend vite le dessus. Le fossé se creuse entre ceux qui détiennent le pouvoir et ceux qu’ils sont censés représenter. Les jeunes du monde entier, plus instruits que leurs parents à leur âge, ont compris que leur pouvoir de décision a été confisqué au profit de la finance.

indignés2

Et Israël n’a pas échappé à cette contagion mondiale. À Tel Aviv, dans le quartier le plus opulent de la ville, le boulevard Rothschild a été investi à l’été 2011. D’un petit événement lancé sur Facebook, on est arrivé à 5 000 tentes plantées en quelques semaines, puis à des manifestations rassemblant plusieurs centaines de milliers de personnes. Les Israéliens se sont installés sur le boulevard tout l’été, et le campement s’est transformé en laboratoire de pensée : réfléchir à de nouveaux moyens de faire marcher la démocratie par la participation de tous et la prise de décision horizontale.

La force des indignés réside dans leur solidarité. Ils se réunissent pacifiquement et veulent reprendre le pouvoir confié à des dirigeants qui ne savent pas les écouter. Mais combien de temps cela peut-il durer ? La dernière « journée mondiale des indignés », le 15 octobre 2012, s’est traduite par un certain essoufflement. Il est vrai que jusqu’à présent, les effets du mouvement ont été quasi nuls. Le rapport entre gouvernements et manifestants s’est souvent soldé par des évacuations musclées de la part des forces de l’ordre. Ainsi, le 3 octobre 2011, la police de Tel Aviv est venue déloger les campeurs et a emporté tout leur matériel.

Ayann Koudou

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s