Le Cv d’AYO en vidéo

Ayann Koudou Journaliste audiovisuel

Reporter Citoyen: Vers une diversité sociale dans le journalisme en France

Les hommes politiques ne lui font pas peur et elle n’hésite pas à poser les questions qui dérangent. Ayann Koudou approche les députés comme s’il s’agissait de voisins. Son but: Initier un débat sur la dépénalisation du cannabis à l’Assemblée Nationale. Ses armes: un micro et un charme d’enfer. Au premier regard de cette vidéo d’octobre 2012 sur le site de “La Télé Libre”, Ayann paraît être une journaliste ordinaire. Mais la jeune fille d’origine algéro-ivoirienne est aussi là en tant que citoyenne qui a des questions à poser. Ayann est Reporter Citoyenne.

 
C’est à Paris au siège de “La Télé Libre” qu’est né le concept du Reporter Citoyen. L’idée: offrir à des jeunes de quartiers populaires une formation gratuite aux métiers du multimédia. “70 % des journalistes français sont des fils de riches”, dit John Paul Lepers, le fondateur de cette chaîne de télé web indépendante. “Avec l’idée de Reporter Citoyen, nous voulions donner la chance d’accéder au journalisme à ceux issus de familles défavorisées qui n’ont pas les moyens de se payer des études”.

 
Pendant un an et demi, une trentaine de jeunes âgés de 18 à 30 ans se rencontrent pour des cours une fois par semaine dans les locaux de l’Ecole des Métiers de l’Information ou dans leurs quartiers respectifs. Au programme entre autre: écrit, cadrage, radio, déontologie. Le plus important selon Lepers: une subjectivité honnête. “Un journaliste ne peut prétendre être objectif”, pense-t-il. “Le statut social des parents, l’éducation, les expériences, tout ça, ça l’influence. Ce qui compte, c’est que suite à la recherche, on puisse aussi accepter des faits qui contredisent l’hypothèse de départ”. D’après Lepers, l’homogénéité sociale des journalistes mène à une homogénéité de la couverture de l’actualité. L’idée des Reporter Citoyen serait donc une tentative de porter un autre regard sur des thèmes sociaux, notamment sur les quartiers populaires.

 
“Quand les médias parlent des banlieues, il s’agit souvent de criminalité ou de problèmes d’intégration”, constate Ayann. “Pourtant, il y a beaucoup d’immigrés qui par exemple poussent leurs enfants à aller voter”, dit la jeune fille de 25 ans en faisant allusion au reportage qu’elle réalisa  à Boulogne Billancourt pour la Télé Libre lors des présidentielles de 2012. Ayant grandi à Tremblay-en-France en Seine-Saint-Denis jusqu’à ses 16 ans, Ayann connaît bien les préjugés vis à vis des immigrés ou français d’origine étrangère. Préjugés d’après elle véhiculés par les médias. Longtemps dissuadée par ses professeurs selon elle à cause de son milieu social, le journalisme ne resta longtemps qu’un rêve inaccessible. Jusqu’à son accession à la formation. “Reporter Citoyen m’a donné beaucoup d’outils et de bonnes bases mais j’ai encore beaucoup à apprendre”, dit-elle. “Je suis très curieuse, j’ai envie de faire un maximum d’expériences journalistiques”. Son prochain projet: Un film dans lequel elle irait à la rencontre des habitants aisés dans une partie de sa ville divisée à Boulogne-Billancourt. La rencontre de deux mondes. Le titre: “C’est quoi être riche?”.

Sandra Aid, journaliste allemande pour la  Norddeutscher Rundfunk

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