Bir Zeit, ou la culture de la contestation

Birzeit

C’est la principale université de Cisjordanie. Mais aussi le siège d’une activité politique intense. Depuis sa création, la faculté de Bir Zeit forme des étudiants qui sont autant de futurs activistes pour la Palestine.

 

97 % des enfants palestiniens sont scolarisés : c’est dire à quel point la culture de l’éducation est forte en Palestine. Les écoles et lycées y sont gratuits, seule l’université reste payante. À quelques kilomètres de Ramallah, dans la commune de Bir Zeit, se trouve l’université du même nom. Elle est la plus importante du territoire et reste depuis sa création un lieu de rencontre pour les intellectuels progressistes.

C’est en 1924 que Nabiha Nasir crée ici une école primaire pour filles afin de combler les lacunes en matière d’éducation des femmes. Petit à petit, elle se transforme en école secondaire mixte jusqu’à devenir une faculté en 1942. La France participe au développement d’échanges et de partenariats entre chercheurs, enseignants et étudiants des deux pays.

Cette prestigieuse institution est considérée comme le bastion de l’opposition depuis plusieurs années. Que ce soit contre l’occupation israélienne ou contre l’Autorité palestinienne, la mobilisation politique trouve toujours écho au sein de l’université. Elle fut d’ailleurs un point de repère important durant la première intifada et a connu une succession de fermetures par les autorités israéliennes entre 1979 et 1992, soit environ 60 % du temps durant cette période.

L’université est souvent en proie aux révoltes à propos des étudiants gazaouis qui peuvent difficilement s’y rendre. Le pouvoir israélien s’attaque au symbole qu’elle représente pour mieux imposer sa domination. Il détruit les routes qui y mènent ou en empêche l’accès avec des chars.

Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, le gouvernement de Tel Aviv n’est pas seul à lui mettre des bâtons dans les roues. L’Autorité palestinienne y arrête régulièrement des étudiants du bloc islamiste, ce qui a poussé certains à engager une grève de la faim. Bir Zeit est ainsi le reflet de la fracture qui ronge la société palestinienne. Du coup, une règle y prévaut : aucun autre drapeau que celui de la Palestine ne peut y flotter. Sinon, les étudiants pourraient s’entredéchirer comme ce fut le cas en 2007 : lors d’une manifestation de jeunes du Hamas, drapeau vert flottant, les partisans du Fatah n’ont pas résisté à les chahuter. Ce qui a valu une nouvelle fermeture à l’université !

On l’aura compris : ici, l’activité politique fait intégralement partie de la vie sur le campus. Des élections universitaires sont organisées chaque année, et le taux de participation descend rarement en dessous des 75 %. Les campagnes y sont menées dans les règles et avec ferveur. Elles contribuent à former de nouveaux activistes, qui continuent de lutter pour leur pays, par leurs actions et leurs textes, diffusés largement sur internet.

 

Ayann Koudou

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2 réponses à “Bir Zeit, ou la culture de la contestation

  1. hello, je voulais à te feliciter pour la pertinence des articles de ton blog ! j’édite moi aussi un blog depuis peu et j’espère pouvoir faire aussi bien 🙂 A bientôt, ZAK

    • Salut ZaK, merci beaucoup pour ce compliment que je prends comme un encouragement, ça me fait très plaisir. Je suis actuellement en déplacement mais je n’hésiterai pas à faire un tour sur ton blog dès mon retour. A Bientôt

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