Contre l’austérité, la lutte solidaire

Paris, le 14 novembre 2012

Le Mercredi 14 novembre était officiellement la première journée d’une contestation paneuropéenne croissante. Elle marquait le début d’une lutte solidaire incontournable entre les pays d’Europe, contre les politiques d’austérité. Un démarrage officiel puisque les manifestations ont fait suite à l’appel des syndicats Espagnol et Portugais, relayé ensuite par la confédération européenne des syndicats. Vingt-deux pays dont l’Allemagne, la Pologne et les Pays-Bas se sont mobilisés. Des manifestations interprofessionnelles, des grèves et des actions solidaires simultanées qui confirment la détresse des peuples d’Europe face à la paupérisation, aux licenciements et aux perspectives d’avenir inexistantes.

Aujourd’hui, le leadership Allemand attend des pays européens, au bord de la récession, qu’ils réduisent leur dette, leur dépense publique et le coût du travail afin de rétablir la confiance des investisseurs. La rigueur budgétaire appliquée depuis les années 50 avait permis à l’Allemagne de redevenir compétitive dans les années 2000. Aujourd’hui le coût du travail allemand est le seul à être resté quasiment inchangédepuis dix ans. Mais ces politiques ne sont pas applicables dans despays où la main d’œuvre est moins qualifiée et où l’endettement des ménages est plus fort.

Dans son discours du 6 mai 2012 en Corrèze, le nouveau Président de la République, François Hollande  disait ceci « Aujourd’hui même, responsable de l’avenir de notre pays, je mesure aussi que l’Europe nous regarde et, […] je suis sûr que dans bien des pays européens, cela a été un soulagement, un espoir, l’idée qu’enfin l’austérité ne pouvait plus être une fatalité ». Pourtant quelques mois plus tard après l’annonce du budget annuel, F.Hollande concède et assume sur TF1 « qu’il s’agit de l’effort budgétaire le plus important consenti depuis trente ans » pour ramener le déficit à 3% du PIB. C’est-à-dire qu’un effort de 36,8 milliards d’euros dont 24 milliards de hausses d’impôt sera demandé aux Français. Toutefois, pour Bruxelles, l’Allemagne et les principales organisations internationales, ce n’est pas assez. Il faut en France une réforme structurelle du marché du travail et une réduction des dépenses publiques. En France on travaille peu et on dépense trop.

Pourtant, avec ce qui est déjà mis en place : le gel des salaires, la hausse des impôts et les coupes budgétaires, l’Europe étouffe. En France, ce sont les plans sociaux qui effraient. Les Espagnols, quelques jours avant le rassemblement, faisaient face à une vague de suicides de propriétaires immobilier endettés. En Italie, on a réduit de 10% le nombre de fonctionnaires, allongé l’âge du départ à la retraire et assoupli les règles de licenciements. Le Portugal atteint désormais les 15% de chômage. Et en contrepartie de l’aide financière fournit par le FMI et l’UE, la Grèce devra économiser 13,5 milliards d’euros. Dans ce contexte difficile les travailleurs européens se solidarisent, entre autres, pour une coordination des politiques économiques et pour des mesures de solidarité avec les pays les plus en difficulté, en passant par l’instauration des standards sociaux européens, comme un salaire minimum dans chaque pays.

Alors assistons-nous aujourd’hui au déclenchement d’une solidarité européenne durable dans la lutte contre l’oligarchie de la finance capitaliste ? L’avenir nous le dira…D’autres manifestations sont d’ores et déjà prévues pour début 2013.

Ayann Koudou

Sources :

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2 réponses à “Contre l’austérité, la lutte solidaire

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